Les racines du groupe W.D. Fisher s'étendent jusqu'en 1966, lorsque les frères Savard (Denis, bassiste, et Marc, technicien de son) se regroupent avec le vocaliste Pierre Kirouac et le guitariste Marcel Périgny. L'année qui suit voit l'arrivée du guitariste solo Guy Desrochers et le batteur Jean-Pierre Bernard. Ils jouent tous ensemble au nom de South Gate 24. Le groupe déménage chez Desrochers, tout près de la ville de Québec. Kirouac quitte le groupe en 1969, et plusieurs vocalistes se faufilent à travers le groupe, l'un après l'autre. C'est en 1970 qu'arrive Serge Perrault, son orgue B3 enrichissant le son du groupe. Le guitariste-flûtiste Claude Lépine s'y adhère au groupe, la même année. La taille agrandie du groupe, en combinaison avec de nouvelles influences venant du mouvement rock progressif britannique, aide à l'évolution de nouvelles idées. Le groupe commence ainsi à écrire des compositions originales, et adopte un nouveau nom, William D. Fisher, un caractère militaire fictif des temps colonials.

L'été 1971 voit le groupe jouer à l'inauguration de La Petite Bastille et l'Université de Laval, pendant les festivités St-Jean à la ville de Québec. Le groupe joue également au Terre des Hommes à Montréal. Lépine quitte le groupe peu après. C'est à l'automne qu'un producteur reconnu au nom de Pierre Gravel prit charge du groupe. Bernard et les frères Savard quittent ainsi. Ils sont remplacés par le bassiste Gilles Laverdière, le batteur René Laurendeau et le chanteur Bob Letourneau. C'est au mois de février 1972 que le nouveau W.D. Fisher enregistre son seul album, une râreté de titre éponyme, et se sépare sous peu, un sort vécu par bien d'autres groupes.

Le son propre et jouerie parfois d'influence jazz à Desrochers y donne un goût du pop psychédélique de la fin des années 1960, tandis que l'orgue à Perrault apporte le groupe dans une zone progressive. Quelques suites de longue durée contribuent aussi à la nature progressive du groupe, y inclus la pièce « William D. Fisher's Adventures » au-delà de douze minutes. On dirait que le tout sonne un peu comme un jeune Yes. On s'aperçoit surtout de la voix hyper-aiguë, perçante même, à Letourneau, semblable à celle de Geddy Lee (futur bassiste du groupe canadien Rush). En bref, un album à la fois unique et intéressant des premiers jours du prog québécois.
W.D. Fisher's roots date back to 1966 when the Savard brothers, Denis (bass) and Marc (technician), teamed up with Pierre Kirouac (vocals) and Marcel Périgny (rhythm guitar), and were joined a year later by Guy Desrochers (lead guitar) and Jean-Pierre Bernard (drums). Together they played under the name South Gate 24. In 1968, the band based itself at Desrochers' in the Quebec City area. Kirouac left the band in 1969, with various vocalists replacing him. In 1970, Serge Perrault joined with his Hammond B3 keyboard giving the band's music a richer sound, followed by Claude Lépine on guitar and flute. The combination of an expanded group with new influences from the progressive rock movement in England promoted the evolution of new ideas. The band thus began writing original compositions. It also adopted a new name, William D. Fisher, based on a fictitious military character from colonial times.

In the summer of 1971, W.D. Fisher played at the inauguration of La Petite Bastille and the University of Laval during the St-Jean festivities in Quebec City, and at Man And His World in Montreal. Lépine departed thereafter. That fall, Pierre Gravel, a well-known promoter took charge of the band and the Savard brothers left along with Bernard, replaced by Gilles Laverdière on bass, René Laurendeau on drums and Bob Letourneau on vocals. In February 1972, the revamped W.D. Fisher recorded its only eponymous album (a rarity), followed by the band's break up, a fate that befell many other groups.

W.D. Fisher's music has a distinctive late 1960's psych/pop feel to it in the sound of Desrochers' clean sometimes jazzy guitar licks, venturing into the progressive realm with Perrault's organ playing. Several long suites heighten the progressive feel, including the over 12-minute "William D. Fisher's Adventures". The music sounds a little like very early Yes. Most noticeable however is Letourneau's high pitched shrill vocals (sung in French-accented English), similar to Geddy Lee (bassist of future Canadian group Rush). Overall, an interesting and unique sounding album from the very early days of Quebec prog.